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Aprés la crise

Les producteurs d’oeufs Québec n’ont rien à cacher. Mais comment transmettre cette confiance aux acheteurs?


February 24, 2014
By André Dumont

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à l’intérieur du Centre d’interprétation de l’oeuf, 48 poules sont logées dans des cages conventionnelles. Nathalie St-Pierre, vice-présidente au Conseil canadien du commerce de déstail. André Dumont

Les images de mauvais traitements de poules et de poussins tournées en Alberta et diffusées à  l’émission d’enquê te W5, sur le réseau CTV, ont eu des répercussions jusqu’au Québec. à  la Fédération des producteurs d’oeufs de consommation du Québec (FPOCQ), on réfléchit sérieusement aux moyens pour rassurer ceux qui écoulent les œufs aux consommateurs.

Tournées clandestinement pour le compte du groupe Mercy For Animals Canada, ces images ont fait sonner le téléphone à  la FPOCQ. Philippe Olivier, agent aux communications, a du expliquer les systè mes de logement à  quelques consommateurs. « Aprè s leur avoir parlé, ils comprenaient beaucoup mieux et condamnaient beaucoup moins », dit-il.

Les échos les plus importants sont venus des grands acheteurs d’oeufs, qui demandent des explications. Du côté de la transformation et de la vente au détail des oeufs, ce sont les mê me principaux joueurs partout au Canada, explique le président de FPOCQ, Paulin Bouchard. La crise touche donc tous les regroupements d’éleveurs, soutient-il.

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« Nous n’avons pas de doutes sur le comportement de nos producteurs. On les connait, on les côtoie et ils connaissent trè s bien leur métier. Je ne pense pas qu’il y ait de réels problè mes sur le terrain, affirme Paulin Bouchard, lui-mê me producteur d’oeufs à  Saint-Gédéon-de-Beauce. Le véritable problè me, c’est de communiquer et rassurer les gens. »

En visionnant les images tournées sur deux fermes appartenant à  Amin Valji, prè s d’Edmonton, Paulin Bouchard a bien pu distinguer les types de logement utilisés. « Je n’ai pas vu de problè me d’équipement, dit-il. Il y avait des problè mes comportementaux, dans la manipulation des poules et les méthodes d’euthanasie. Ce sont toutes des choses qui auraient pu ê tre corrigées dix minutes plus tard. »

Le mal est fait. Comment réparer les dommages?

Paulin Bouchard s’explique par une analogie : supposons qu’on vous ait accusé de maltraiter vos enfants. Quels gestes poserez-vous pour rassurer la communauté? Emmener vos enfants à  Disney World, diffuser des images en train de les bercer?

 « Nous avons confiance envers nos producteurs, mais comment transmettre cette confiance aux consommateurs, ou à  ceux qui mettent en marché nos produits? », se demande le président des FPOCQ.

Dans un premier temps, la FPOCQ a entrepris de dresser la liste des intervenants et groupes de l’industrie chez qui les activistes animaliers peuvent semer des doutes au sujet du bien-ê tre des pondeuses. Reste à  déterminer les moyens de communication pour les rejoindre efficacement.

La révision du Code de pratiques pour les poules pondeuses n’apportera pas grand changement, soupç onne Paulin Bouchard. Les audits existants viennent déjà  confirmer que les éleveurs utilisent des systè mes de logement adéquats. « Le problè me est d’ordre comportemental, dit-il. On n’aura jamais un programme qui permettra de surveiller à  temps plein la faç on de se comporter nos producteurs et leurs employés »

Si ce qu’il faut pour rassurer les détaillants sont des audits non annoncéèws, réalisés par des tierces parties, la FPOCQ ne s’y opposera pas. « Il faudra s’entendre sur l’objet des audits. Comment fait-on pour vérifier un comportement? », se demande Paulin Bouchard.

La FPOCQ encourage déjà  ses membres à  se comporter comme s’ils étaient surveillés. « Je dis à  nos membres : faites comme s’il y avait une caméra dans votre poulailler. Si un journaliste ou un inspecteur débarquait à  l’improviste, vous pourriez toujours ê tre fier de montrer ce que vous faites », raconte Philippe Olivier.

Presque à  tous les ans, un producteur d’oeufs accueille le grand public lors de la Journée Porte-Ouverte de l’UPA, qui a attiré plus de 200 000 visiteurs sur une centaine de fermes en septembre dernier. En 2013, FPOCQ a aussi fait visiter un pondoir à  des représentants des chaînes de détaillants, du gouvernement et d’autres acteurs de l’industrie.

Pour mieux informer le grand public sans compromettre la biosécurité des fermes, la FPOCQ a mis sur la route en 2005 son Centre d’interprétation de l’oeuf. à  l’intérieur d’une remorque de 16 mè tres, 48 poules logent dans des cages conventionnelles, à  une densité identique à  celle retrouvée chez les éleveurs.

« Au début, on avait un peu peur, mais la réaction des gens a été trè s positive, rapporte Philippe Olivier. Les visiteurs comprennent pourquoi les poules sont dans des systè mes de cages. »

Le Centre d’interprétation de l’oeuf se déplace dans les écoles, les festivals et lieux publics. à  ce jour, 150 000 visiteurs en ont franchi les portes. ■


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