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Probiotech International

En respectant des animaux, des humains et l’environment


October 2, 2009
By André Dumont

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Tous les chemins mènent au merveilleux monde de l’agriculture!

Tous les chemins mènent au merveilleux monde de l’agriculture!

En 1989, Guy Babineau travaillait pour la brasserie Molson O’Keefe, à
Montréal, où il était responsable des achats de levures. Un fournisseur
l’approcha pour développer le marché des levures utilisées comme
probiotiques en alimenation animale.

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Cinq ans plus tard, Guy Babineau appelle son frère Jean en renfort, le
temps de retourner aux études pour compléter une maîtrise en
administration des affaires. Jean détenait un diplôme universitaire en
administration des affaires et il était agent de bord! Son employeur,
Nationair, venait de faire faillite.

À cette époque, les probiotiques étaient la grande nouveauté en
alimentation animale. Déjà, Probiotech se distinguait en proposant des
extraits de levures vivantes, qu’on pouvait utiliser efficacement en
doses plus faibles que les extraits de levures mortes.
 
En 2000, un troisième actionnaire s’est joint à l’entreprise de
Saint-Hyacinthe, pour former Probiotech International. Né en France,
Ivan Girard détenait un doctorat en nutrition et microbiologie
intestinale de l’Université du Kentucky et de l’expérience de travail
en Europe, où la demande pour une viande sans antibiotiques était déjà
très forte.

En 2003, l’entreprise s’est construite un édifice de 10 000 pieds
carrés dans le Technopole agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, pour
abriter un entrepôt, des unités de fabrication, un laboratoire et des
bureaux.

Aujourd’hui, huit personnes travaillent à temps plein pour Probiotech.
L’entreprise vend des additifs alimentaires pour les moulées pour la
volaille, les bovins, les porcs et les animaux de compagnie. Ivan
Girard est directeur de la recherche et du développement. Guy Babineau
est président et Jean Babineau est directeur du marketing.

Parmi les têtes dirigeantes se trouve aussi Louis Rolland, un
vétérinaire sorti de sa retraite pour vivre à fond sa passion pour les
extraits de plantes et autres alternatives aux suppléments habituels en
production avicole.

« L’important, c’est de planifier des programmes alimentaires qui vont
permettre de respecter l’animal, l’humain et l’environnement », affirme
Louis Rolland.

Détrompez-vous : les dirigeants de Probiotech ont beau être convaincus
de leurs produits, ils sont tout sauf les promoteurs d’une agriculture
biologique ou à dimension artisane. Chez Probiotech, on se présente
comme un fournisseur d’additifs alimentaires différents, mais tout à
fait adaptés à la production intensive.

« Le poulet n’est pas fait pour être élevé pas lots de 30 000
individus, à un pied carré par tête, affirme Louis Rolland. Mais si on
veut nourrir la population, on n’a pas le choix. »

Probiotech distribue au Canada des produits d’une demi-douzaine de
fournisseurs. Elle fabrique sur place 30 % de ses mélanges, notamment
les acidifiants. Tous les produits ont fait l’objet d’études
scientifiques bien documentées, à l’étranger ou au Canada.

La gamme est large : stimulant d’appétit à base d’extraits de plantes
et d’épices, minéraux chélatés, levures actives ou mortes et bactéries
lactiques. À ces suppléments alimentaires peuvent s’ajouter des
ingrédients pour contrôler l’ammoniac dans l’air des bâtiments
d’élevage ou d’autres produits sanitaires « naturels » préparés sur
demande.

La clientèle consiste essentiellement de fabricants de moulées pour les
animaux, qu’il s’agisse de meuneries privées ou coopératives.

« Nos produits sont des outils pour renforcir le système digestif »
résume Guy Babineau, en ajoutant qu’ils sont tout à fait adaptés à
l’élevage à dimension industrielle.

L’adoption d’alternatives aux médicaments dans les moulées est freinée
entre autres par la réticence au changement chez les producteurs, croit
Ivan Girard.

Toutefois, le principal frein à la croissance de l’utilisation de
produits alternatifs en alimentation animale demeure la demande. Les
Canadiens sont bien plus préoccupés par le prix de leurs aliments que
la qualité, déplore Ivan Girard. Si les grands abattoirs n’ont pas de
marché pour un poulet plus sain, ils n’en commanderont pas aux
éleveurs.

Probiotech s’attend à ce que la demande vienne d’acheteurs importants
comme les Rôtisseries St-Hubert, ou de chaînes d’alimentation qui
voudront se démarquer en offrant du poulet élevé sans antibiotiques.

« Ceux qui utilisent nos produits y croient, mais ça demeure un marché de niche », dit Ivan Girard.

Si un jour, la réglementation sur l’alimentation change, ou qu’un
acheteur important provoque une demande soudaine pour des additifs
alternatifs, Probiotech sera prête, assure Ivan Girard. Et avec plus de
20 ans d’expérience, soutient Guy Babineau, « nous avons pris une
longueur d’avance ».