Une Fenêtre sur le Futur

En se lançant dans la construction d’un nouveau poulailler, Mathieu Poirier a voulu créer une vitrine attrayante sur la production d’oeufs d’aujourd’hui et de demain
André Dumont
Monday, 15 September 2014
By André Dumont
Mathieu Poirier a fait installer une fenêtre, pour que les  visiteurs puissent voir les poules et leurs conditions d’élevage.
Mathieu Poirier a fait installer une fenêtre, pour que les visiteurs puissent voir les poules et leurs conditions d’élevage.

 

Cela faisait dix ans que Mathieu Poirier avait rejoint son père Jean-Claude en production d’oeufs. Il était temps de moderniser l’entreprise familiale. La production d’oeufs des 30 prochaines années sera très différente de celle des 30 dernières années. Pour notre producteur de 33 ans, il était préférable de se mettre en avance sur les tendances.

Le nouveau pondoir construit au cours de l’hiver 2013-2014 ne contient que des cages enrichies. Mais Mathieu Poirier n’a pas seulement voulu devancer la réglementation. Il a conçu son poulailler en gardant en tête l’importance de conserver dans son équipe le plus important joueur : le consommateur.

Situé à la sortie du village de Saint-Bonaventure, près de Drummondville, le nouveau bâtiment affiche un look résolument contemporain, avec sa tôle grise et rouge. Mathieu Poirier a choisi ses couleurs, dressé un plan et fait appel à un technologue en architecture. « Je voulais avoir quelque chose de beau, dit-il. Je voulais faire différent des autres et ce n’était pas beaucoup plus cher. »

L’occasion était aussi tout indiquée pour faire concevoir un nouveau logo pour La Ferme des Poiriers, avec l’aide d’une firme de design graphique.

La facture visuelle ne sert pas qu’à se distinguer des autres entreprises avicoles. Mathieu Poirier veut faire bonne impression lorsque des visiteurs débarqueront voir sa production. Le nouveau poulailler est équipé d’une grande fenêtre, qui laisse voir les poules dans leur environnement de ponte.

La fenêtre en question est au bout d’un corridor sans issue, de sorte que les visiteurs n’ont pas à se soumettre aux contrôles de biosécurité.

« Je suis ambassadeur pour la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec », déclare fièrement Mathieu Poirier. À ce titre, il monte régulièrement à bord du Centre d’interprétation de l’oeuf, cette remorque abritant un minipoulailler qui se déplace pour sensibiliser le public.

« Cette fenêtre, c’est un peu une gâterie qu’on se paie, dit l’éleveur. Parfois, des gens veulent voir comment ça marche, les enfants veulent voir les poules. Avec les nouvelles cages enrichies, je ne suis pas du tout gêné de montrer comment les poules sont traitées. »

Les poulaillers construits dans les années 1970 étaient devenus trop petits et désuets. Le quota des augmentations annuelles était loué et il fallait le rapatrier pour éviter de le perdre. De plus, la ferme perdait ses deux employés les plus fidèles. Dans une construction neuve, tout serait plus simple pour les futurs employés.

Le nouveau bâtiment fait 400 pieds de long et compte six rangées de 300 pieds de cages sur six étages. Il est séparé en deux sections de trois rangées pour pouvoir gérer deux lots distincts. Un marche-pied a été installé entre les troisième et quatrième étages. La capacité totale est de 62 000 pondeuses.

Il s’agit de cages enrichies Hellmann, modèle EU 24-241. Elles disposent d’une partition centrale, de sorte que chaque section de cage abrite un maximum de 24 poules. « La recherche démontre que dès qu’il y a plus de 30 ou 40 poules dans une cage, les dominantes s’en prennent aux dominées, qui perdent leurs plumes », explique Johann Benner, le responsable du marché canadien chez le fabricant allemand.

Les cages comptent deux perchoirs parallèles, juste assez hauts pour qu’un ?uf puisse rouler en dessous. Elles ont aussi des rideaux pour isoler le nid de ponte, qui est situé à une extrémité, à l’avant de la cage, pour minimiser le déplacement des oeufs.

Les mangeoires s’étirent sur toute la longueur de la cage à l’avant. Elles sont si solides qu’on peut y grimper. Il s’agit d’une caractéristique standard chez Hellmann, affirme Johann Benner.

À l’arrière, il y a la possibilité d’installer un tuyau qui alimente une autre mangeoire. « Si un jour les normes changent et ont doit accorder plus de longueur de mangeoire à chaque poule, on pourra en rajouter », affirme Stéphane Chouinard, distributeur pour Hellmann au Québec et dans l’est de l’Ontario.  

La ventilation du bâtiment à l’aide d’un mélangeur d’air assure 25 cfm d’air frais pour les poules, ce qui fait aussi sécher le fumier jusqu’à environ 35 à 40 % de contenu en eau. L’apport d’air peut provenir directement de l’extérieur par les entrées linéaires sur les murs, notamment en été, ou être filtré et recirculé en hiver.

Le bâtiment dispose aussi d’un système de traitement de l’eau, ce qui devrait assurer une meilleure qualité d’eau que dans les bâtiments anciens, aujourd’hui démolis.

Des tuyaux pour chauffage à l’eau chaude ont été insérés dans le plancher de béton, seulement sous les allées entre les rangées de cages. « On a voulu diminuer nos coûts d’installation, parce qu’on ne savait pas vraiment si on avait besoin de chauffage, explique Mathieu Poirier. Je prévois m’en servir pour économiser sur la consommation de moulée lors des grands froids. »

L’entreprise familiale exploite aussi 40 hectares en maïs et soya, de quoi assurer de 20 à 25 % des besoins alimentaires des poules. Elle dispose de sa propre moulange. La préparation de la moulée est suivie par Shur-Gain.

Le nouveau poulailler compte deux silos à moulée pour chacun des deux groupes d’âge de pondeuses, pour un total de quatre. Ils serviront à mettre en place le programme Écoponte Tandem de Shur-Gain, pour offrir à chaque groupe une moulée du matin et une moulée de l’après-midi, qui devraient combler avec plus de précision les besoins du métabolisme des poules.   

Le projet de construction n’est pas tout à fait terminé. Depuis plus de 30 ans, les Poirier élèvent leurs propres poulettes. Le bâtiment où sont logées les poulettes actuellement permet difficilement d’élever deux lots d’âge différent, pour fonctionner avec le nouveau poulailler. D’ici la fin de l’année, la relève logera dans un tout nouveau bâtiment.

 

 

 

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