Luc et François Turcotte - Québec

Luc et François Turcotte sont producteurs de poulet, dindons et pommes, sur le site enchanteur de l’île d’Orléans
André Dumont
Wednesday, 17 July 2013
By André Dumont
Grâce à une bonne gestion de l’endettement, François et Luc Turcotte ont pu faire croître leur entreprise à un rythme qui leur convenait.
Grâce à une bonne gestion de l’endettement, François et Luc Turcotte ont pu faire croître leur entreprise à un rythme qui leur convenait. André Dumont
C’est l’endroit rêvé pour vivre d’agriculture : le fleuve en contrebas, les montagnes de Charlevoix au loin, une route bordée de maisons ancestrales et de pommiers. Luc et François Turcotte savent qu’ils sont privilégiés de vivre et travailler sur l’île d’Orléans, le berceau agricole de la Nouvelle-France.

En 2012, ces producteurs de poulet à griller, de dindon et de pommes ont fait honneur à la terre de leurs ancêtres (ils sont de la 11e génération sur l’île) en remportant la première médaille d’or du Concours de l’Ordre national du mérite agricole. Il s’agit de la plus prestigieuse distinction pour une ferme au Québec.  

L’aventure de la Ferme avicole Orléans débute au milieu de siècle dernier, quand les parents de Luc et François se portent acquéreurs d’un lopin d’un hectare et demi à Sainte-Famille. Aux quelque 250 pommiers qui s’y trouvent, ils ajoutent d’autres productions, comme les framboises, les fraises et les oeufs. Quelques années plus tard, la vocation idéale pour la petite superficie de la ferme se confirme : le poulet et les pommes.

En 1980, Luc termine ses études en finance et administration. Une compagnie est formée pour l’intégrer à la ferme. François suivra en 1984, après des études en production animale.  

Pendant ses études, Luc s’intéresse à l’implantation des offices nationaux de mise en marché et à la production sous contingentement. Les calculs qu’il effectue dans le cadre d’un travail lui permettent de croire que le système de quotas pourrait être avantageux pour l’entreprise familiale. « à l’époque, on n’était pas assurés que les prix couvriraient nos coûts de production, mais le système nous offrait quand même une certaine sécurité. »

Dès le début des années 1980, l’entreprise passe en mode expansion. On achète du quota et on construit des poulaillers, toujours avec grande prudence. « Nous avons travaillé très fort, toujours projet par projet, en limitant l’endettement et en surveillant notre capacitéde remboursement », explique François.

Cette discipline leur a permis de traverser une époque trouble en maintenant le cap sur la croissance. « Il faut se remettre dans le contexte de l’époque, insiste Luc. Il y avait des taux d’intérêt de 22 % et on était ni plus ni moins en crise économique. Puis il y a eu les négociations de libre-échange avec les états-Unis et beaucoup d’inquiétude sur l’avenir de la gestion de l’offre. »

Cette incertitude exerçait une pression àla baisse sur le prix des quotas. Luc et François ont saisi l’opportunité d’en acheter. Ces risques calculés se sont avérés d’excellentes décisions. La consommation de poulet s’est mise à augmenter et les allocations de quota en proportion du quota déjà détenu ont permis de générer des revenus inattendus.

Aujourd’hui, la Ferme avicole Orléans produit quelque 800 000 poulets, 40 000 dindons de 6 kg et 7 000 dindons de 16 kg par année. La ferme compte six poulaillers à trois étages pour les poulets et une dindonnière à deux étages. La production de dindon s’est rajoutée en 1995, quand l’opportunité d’acheter du quota s’est présentée. Avec un cycle de production de 12 semaines, il s’agissait d’un bon complément aux poulets qui repartent à six semaines.

Les investissements dans la production se poursuivent à ce jour, en améliorant les poulaillers existants. « Avant de prendre de l’expansion, on maximise ce qu’on a », affirme François. L’automatisation des contrôles d’éclairage, de chaleur et de ventilation permet d’améliorer le bien-être des poulets et de ceux qui s’en occupent.

Ces améliorations augmentent les performances techniques de la ferme. « Si les poulets sont bien traités, cela se reflète sur les performances d’élevage, soutient Luc. Notre fierté, c’est d’amener un bon produit au consommateur. On fait tout pour que la qualité soit au maximum. »

La ferme compte un employéàtemps plein et trois employés àtemps partiel. Marc-Antoine, le fils de Luc, sera bientôt copropriétaire de la ferme, au terme d’une démarche d’intégration de la relève.

Luc est administrateur des éleveurs de volaille de la région de Québec et de la Coopérative des horticulteurs de Québec (le Marchédu Vieux-Port. François est administrateur chez Exceldor, président du Syndicat des producteurs de pommes de la région de Québec, secrétaire-trésorier du Club de production pomicole de la région de Québec et deuxième vice-président du Syndicat de base de l’Union des producteurs agricole.

Pour eux, produire à l’île d’Orléans est tout sauf une source d’isolement : tous les services agricoles y sont offerts et les abattoirs sont àune heure et demie de route. « Nous sommes à 20 minutes de Québec, dans un arrondissement historique, » souligne Luc. « Nous avons l’avantage de pouvoir démontrer à nos voisins et à tous les touristes qui passent que notre production respecte l’environnement et que les agriculteurs sont de bons citoyens. »

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